Le bonheur au travail, ça existe ?

bonheur s'épanouir au travail

La 1re édition de l’Université du Bonheur au Travail (UBAT) se tient les 29, 30, 31 octobre à Paris. Organisée par la Fabrique Spinoza, think – tank du bonheur citoyen, l’UBAT vise à devenir le rendez-vous incontournable des chefs d’entreprise, managers, directeurs des ressources humaines, qui croient aux valeurs du bonheur au travail.

Bonheur, bien-être au travail, de quoi parle-t-on ?

Le bonheur au travail est un sujet à la mode, mais finalement c’est une notion débattue depuis des années… En ces temps de rapidité et de performance, il serait plus adapté, peut être, d’évoquer le « bien-être » au travail. Mais au fond, de quoi parle-t-on ?

Etre bien au travail, c’est en premier lieu que le travail ait du sens : ambiance au travail, relations avec les pairs, les managers, les autres collaborateurs…

Le bonheur au travail, c’est aussi la qualité du travail : c’est l’importance de l’autonomie, de cette possibilité de liberté pour effectuer son travail, qui fait que nous pouvons nous sentir bien.

Et les conditions de travail et de confort du poste de travail, bien sûr…

Ces notions essentielles se retrouvent dans l’idée, à la mode, de « l’entreprise libérée ».

Tout le monde est concerné.

Tout le monde ! Du top manager à l’opérateur sur machine, le manager intermédiaire, l’assistante, le patron de fonction support, le DRH. Pourquoi ? Parce que le bien-être au travail et la compétitivité de l’entreprise apparaissent de plus en plus comme les deux faces d’une même médaille. Sujet largement évoqué lorsque que l’on aborde la méditation de pleine conscience en entreprise, où l’on montre ce qui est finalement une évidente : la sérénité va de pair avec l’efficacité, et vice versa.

Ce sujet n’est donc pas complètement neuf puisqu’il s’appuie sur la dimension humaine. Dans les années 1930, aux Etats-Unis, des chercheurs ont déjà mis en évidence l’importance des relations humaines et de la qualité de vie au travail pour augmenter la productivité des ouvriers (Mayo). Et plus récemment, en 2010, Henri Lachmann, Christian Larose et Muriel Penicaud ont écrit un rapport sur le bien-être et l’efficacité au travail remis au Premier ministre avec 10 propositions tout à fait pertinentes.

Mais ne nous trompons pas dans l’intention ni dans l’objectif : créer les conditions favorables à épanouissement n’ont pas pour but premier l’efficacité mais… l’épanouissement. L’efficacité comme conséquence, c’est renverser le principe même du management… et c’est précisément ce qui rend la démarche interessante et performante.

Performance durable.

Cela ne va pas de soi… Le paradoxe de la performance est l’exigence de résultat à court terme et la capacité simultanée de la construire pour le moyen terme.

Une performance durable s’appuie sur le socle humain et la mise en perspective : en cela elle ne se fait pas au détriment de la planète et des générations futures. Une performance globale, c’est une performance qui comprend non seulement une rentabilité économique mais également un équilibre social et un volet environnemental. La Responsabilité Sociétale de l’Entreprise. Il n’y a pas de bien-être de l’entreprise sans bien-être des salariés et de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise (clients, fournisseurs, partenaires…).

Comment le mettre en œuvre au sein d’une organisation ?

D’abord, considérer que ce sujet n’est pas un outil, un « truc » de plus comme on en a tant dans le domaine du management. Le seul « truc », c’est d’être capable, à tout niveau de l’organisation, d’être « humain ». Sans ce point de départ, pas de volonté, pas de perspective. On reste dans la mécanique sans regarder la machine.

Ceci signifie que la direction doit s’impliquer plus qu’activement dans la création des conditions du bien-être de ses salariés.

Le bonheur, disons plutôt le bien-être, se construit dans un climat de confiance et de respect. Cela ne se décrète pas, oublions les « chartes », les « engagements » et autres professions de foi (que d’ailleurs plus personne ne lit). C’est sur la base d’un dialogue social constructif et apaisé que les conditions du bien-être durable se construisent solidement. C’est sans doute là que les entreprises françaises doivent encore beaucoup s’améliorer.

Enfin, les managers de proximité ont un rôle clé à jouer… « je pense donc tu suis », cela ne marche pas du tout avec la Génération Y et c’est contradictoire pour le bien-être.

Petite présentation de l’Université du Bonheur au Travail par Christophe André…