Les effets de la bienveillance en entreprise : interpellant.

bienveillance-entreprise-management-meditation-mindfulness-pleine-conscience-mbsrPour être heureux en entreprise, soyons bienveillants ! C’est une phrase que l’on peut lire depuis quelques mois dans les analyses concernant le management. Mais pourquoi la bienveillance est-elle au centre de cette problématique ?

Dans cet article des Echos, nous voyons combien revenir à la bienveillance est non seulement normal, car humain, mais aussi générateur d’une meilleure efficacité globale de l’organisation. Cultiver la bienveillance dans l’entreprise c’est remettre l’humain au centre, avec sincérité et simplicité. C’est développer efficacité durable et sérénité.

La bienveillance se développe par une attitude quotidienne ouverte sur l’autre. S’ouvrir à celle-ci nécessite un peu de travail, bien sûr : on ne change pas nos habitudes de dizaines d’années en peu de temps. C’est aussi envisager de travailler en profondeur, en instaurant par exemple un programme de pleine conscience, qui a démontré depuis plusieurs dizaines d’années, dans des milliers d’entreprises, son efficacité :

  • Baisse de l’absentéisme
  • Augmentation de la productivité
  • Baisse du turnover
  • Amélioration de l’image recruteur
  • Augmentation de la créativité

Voir également l’éclairage de Marie Laurence Cattoire ici.

Autre article qui peut vous intéresser : la corrélation entre bienveillance et résultats de l’entreprise.

A lire sans modération et à partager…

Lorsque l’on parle du bien-être en entreprise, un CEO peut décider de déménager dans des locaux tout neufs, à la pointe de la technologie, mettre en place une politique de télétravail et tout un tas de décisions améliorant la vie des collaborateurs, si, au quotidien, le management direct n’est pas bienveillant, tout cela ne servira à rien. En effet, il est simple de changer de bureaux beaucoup plus compliqué et impliquant de changer les mentalités et les comportements. Et pourtant, cette démarche est utile et rentable :

1- Baisse de l’absentéisme

Un salarié du secteur privé français est absent en moyenne 16,7 jours par an (données Alma-Goodwill 2015). Selon cette étude, 76 % des salariés déclarent ne jamais être absent alors que la réalité statistique sur un an, en France, est que 53 % des salariés ne sont jamais absent. Cet écart vient du fait que les salariés se souviennent moins (pas) de leurs absences courtes (moins de 24 heures).

L’absentéisme « de confort » est une réalité et ne fait que souligner le « mal-être » de certains en entreprise. D’ailleurs, l’étude évoquée ci-dessus montre clairement que seulement 50 % des salariés sont impliqués dans l’avenir de l’entreprise et que ce sont ces 50 % qui sont les moins absents. Cela semble logique : si je suis impliqué dans ce que je fais, je n’ai pas envie de ne pas le faire.

Cette évidence est bonne à garder à l’esprit surtout lorsque l’on sait que l’absentéisme coute 60 milliards d’euros par an !

2- Augmentation de la productivité

De plus en plus d’études prouvant que des collaborateurs heureux sont plus productifs. Une étude menée en 2014 par le département d’économie de l’Université de Warwick au Royaume-Uni montre que la productivité d’une équipe heureuse augmente de 12 % !

Le bonheur au travail, ce n’est pas installer un baby-foot à la cafétéria en se disant que cela va détendre les salariés. Il s’agit d’un travail de fond impliquant l’ensemble des éléments constitutifs de la vie en entreprise, y compris, pour ne pas dire surtout, les modes de management.

3- Baisse du turn-over

L’étape ultime pour un collaborateur démobilisé ? La démission. Particulièrement sensible chez les populations commerciales. Un collaborateur qui part a un impact sur l’activité qu’il gérait bien entendu (temps pour trouver le remplaçant, temps de formation), mais également sur l’ensemble de l’équipe : s’il part, c’est qu’il y a mieux ailleurs.

Un turn-over faible n’est pas forcément gage de performance économique, mais il est certain qu’il montre que le climat social est bon (cf point précédent). Il y a un cercle vicieux du turn-over : plus il est élevé, plus il continuera à augmenter, car le salarié qui part parle à ses futurs ex-collègues de travail… rarement pour dire à quel point son ancienne entreprise va lui manquer.

4- Amélioration de « l’image recruteur »

Un collaborateur heureux parle de son entreprise en bien à ses amis, sa famille, ses confrères. Avec l’explosion des réseaux sociaux ces dernières années, l’impact que chacun a sur l’image de son entreprise est croissant. Ce qui marche dans le positif marche bien entendu dans le négatif. Un collaborateur qui va avec la boule au ventre chaque jour au travail ne diffusera que des messages négatifs à l’extérieur.

Certes, l’impact semble minime s’il ne s’agit que d’une personne, mais lorsque, comme Google, un grand nombre de salariés mettent en avant le bonheur que semble ressentir un collaborateur chez eux, franchement, ça donne envie de travailler pour cette entreprise, certes, mais avant tout avec cette entreprise.

5- Augmentation de la créativité

Prendre des risques, imaginer de nouvelles solutions, cela ne se fait pas dans un climat de peur. Le management bienveillant, c’est également un management qui encourage la prise de risques et ne considère pas les échecs comme des drames, mais comme des étapes vers de nouveaux succès. Steve Jobs ou Bill Gates l’ont compris avant tout le monde l’ayant vécu eux-mêmes en tant qu’entrepreneurs.

Conclusion

Le management bienveillant… ce terme peut paraître n’être qu’un luxe réservé aux entreprises ne connaissant pas de problèmes économiques… Mais devrait au contraire être considéré comme une priorité absolue, surtout en période de crise afin d’essayer d’optimiser ses propres résultats. 

En France, contrairement aux pays nordiques ou aux États-Unis, seules quelques entreprises s’attaquent de front à cette problématique, car changer les modes de managements est une tâche extrêmement lourde et impliquante avec des résultats qui ne peuvent se mesurer sur le court terme. Paradoxalement, adopter le management bienveillant ne coûte quasiment rien, car il s’agit de faire évoluer les mentalités. Un exemple ?

Apprendre aux managers l’importance qu’il y a à dire bonjour à ses collaborateurs. Le Fondateur d’Ikéa, lorsqu’il visite un magasin, prend le temps de saluer chaque salarié et d’avoir un petit mot avec eux. Trop souvent, le manager pense que, parce qu’il est manager, il n’a plus de temps à consacrer à ces broutilles… grave erreur !

Article paru dans Les Echos. Original ici.