Qu’est ce que coopérer ?

cooperer-joie-travail-management-mindfulnessSelon vous, qu’est ce que coopérer ?

Coopérer, c’est faire des choses ensemble, les construire ensemble, les ressentir ensemble, c’est avoir un objectif commun de manière à pouvoir travailler ensemble librement. Coopérer, c’est créer de la valeur.

Mais dans l’entreprise, nous sommes généralement peu enclins à collaborer naturellement, facilement, avec bonheur ; du témoignage de nombreux managers et collaborateurs lors de groupes que nous animons, cela se fait souvent contraint et forcé… L’intention n’est pas forcément malveillante, mais la pression est là et s’exprime, parfois, par divers modes de persuasion : la menace, la peur, la sanction, la récompense.

La coopération version « dure ».

C’est une pratique répandue plus largement que dans l’entreprise. Sous des gouvernements « durs », on force à travailler ensemble de manière
brutale : si vous ne « coopérez » pas, vous êtes « éliminé » ou mis à l’écart (ce qui n’est pas plus enviable) . Dans les pays démocratiques, on incite à travailler ensemble grâce au concept de patrie, ou au nom d’une idéologie très soigneusement élaborée et largement propagée pour que vous acceptiez ; ou bien vous travaillez ensemble pour faire aboutir un projet conçu par d’autres.

C’est donc le projet, l’idée, l’autorité qui incitent les gens à travailler ensemble. C’est cela qu’on appelle en général la « coopération », et le terme sous-entend toujours la notion de sanction ou de récompense, de succès ou d’échec personnel et collectif.

Sur le fond, ceci pourrait signifier que derrière cette « coopération » se cache souvent la peur. Nous travaillons toujours pour quelque chose toujours – pour le pays, pour le roi, pour le parti, pour Dieu ou le Maître, pour la paix, ou pour mettre en œuvre telle ou telle réforme. Dans l’entreprise, nous travaillons pour le projet, l’ambition, l’objectif, le dirigeant, le client ou d’autres acteurs. Notre idée de la coopération est de travailler ensemble en vue d’un résultat particulier. Vous avez un idéal auquel vous travaillez, et vous dites donc que la coopération est nécessaire. Tout cela implique l’intervention d’une autorité : il y a toujours quelqu’un censé savoir ce qu’il convient de faire, ce qui vous amène à dire : « Nous devons coopérer à l’éxecution du projet. »

Créer de la valeur par la coopération.

Loin d’être de la coopération, c’est une forme d’avidité, une forme de peur, de coercition, dissimulant une menace : si vous refusez de coopérer, on ne vous reconnaîtra pas, ou bien le projet va échouer, ou bien on va vous sanctionner, ou bien votre entreprise va perdre des marchés, ou bien vous risquez de ne pas à voir de promotion ni d’être reconnu. Il y a toujours un argument de persuasion, et dans ce cas il ne peut y avoir de coopération réelle. Dans ce cas, peut-il y avoir création de valeur, et de valeurs partagées ?

Lorsque vous et moi travaillons ensemble simplement parce que nous nous sommes mis d’accord pour effectuer une tâche, ce n’est pas non plus de la coopération. Dans tout accord de ce genre, ce qui compte est l’accomplissement de la tâche, pas le travail en commun. Vous et moi pouvons être d’accord pour bâtir un pont, ou construire une route ou planter des arbres ensemble, mais dans cet accord il y a toujours la peur
du désaccord, la crainte que je ne fasse pas ma part de travail et ne vous en laisse effectuer la totalité.

Lorsqu’on travaille ensemble suite à une forme quelconque de persuasion ou en vertu d’un simple d’accord, ce n’est pas de la coopération, car derrière tous les efforts
de ce type se cache la volonté de gagner ou d’éviter quelque chose.

La coopération en pleine conscience : la voie de la sagesse et de la performance.

Dans la pleine conscience, la coopération est tout autre chose. C’est le plaisir d’être et de faire ensemble – mais pas forcément de faire une chose en particulier. Les jeunes enfants ont normalement cet instinct d’être et de faire ensemble. Les nouveaux modèles d’organisation, qui démontrent souvent leur efficacité, les personnes oeuvrent ensemble par envie et plaisir tout autant que par engagement et objectifs. Ils sont prêts à coopérer. Il n’est pas question d’accord ou de désaccord, de sanction ou de récompense : ils ont seulement envie de faire ensemble et d’être utiles. Cela a du sens pour eux.

Les enfants coopèrent instinctivement, pour le plaisir d’être et d’agir ensemble. Mais les adultes ont parfois perdu ce sens : ils détruisent cet esprit de coopération naturel et spontané de ce qu’ils étaient enfants, en disant : « Si vous faites telle chose, je vous récompenserai ; si vous ne faites pas telle chose, vous n’obtiendrez pas ceci ou cela », ce qui introduit un élément corrupteur.

La coopération authentique vectrice de joie et d’efficacité.

La coopération authentique ne naît donc pas simplement d’un accord visant à réaliser un projet commun, mais de la joie et du sentiment d’unité, si l’on peut dire. Dans ce sentiment n’entre pas la conception personnelle ou de l’opinion, mais la nature essentiel de l’homme.

Lorsque vous prenez conscience de la profondeur de cette coopération là, vous savez aussi quand il est nécessaire de refuser de coopérer, ce qui est aussi important. C’est le sens du discernement. Nous pouvons éveiller en nous cet esprit de coopération, car ce ne sera pas alors un simple projet ou un simple accord qui nous pousse à travailler ensemble, mais un puissant sentiment d’unité, une sensation de joie à être et agir ensemble, hors de toute notion de sanction ou de récompense.

Lorsque qu’un projet est décidé, vous allez suggérer de travailler en commun sur celui-ci. La réaction des collaborateurs peut alors être légitimement « Pour quoi faire ? Qu’allons nous faire ensemble ? » Autrement dit, la chose à faire comptera plus que le sentiment d’être ensemble et de collaborer. Quand la chose à faire prend le pas sur le reste, il n’y a pas de coopération véritable… Nous ne sommes alors liés que par l’idée… Ce qui compte le plus, et que nous développons par la pleine conscience, c’est d’éveiller en nous mêmes cet esprit de coopération, ce sentiment de joie et d’action commune, hors de toute considération de sanction ou de récompense. La génération « jeune » est dans cet esprit là, mais peut être attend-elle qu’on lui donne l’exemple ?